Une tenue pour deux destinées.

Le monde est vaste, et nombreuses sont les vies différentes… Mais vouloir être belle, c’est universel !


J’ai, d’une certaine manière, cette tenue dans mon cœur. À vrai dire, j’avais l’idée de cette tenue depuis très longtemps ; elle était destinée à une elfe mais – comme vous vous en doutez – je n’ai pas beaucoup d’elfe – si ce n’est pas zéro – dans ma liste d’amis. Au bout de longues semaines, j’ai craqué, il fallait que je la fasse, même si ce n’était que sur une humaine. Delbenneth était à proscrire, c’était très, très, très, très loin de son caractère et de son histoire. Voyez-vous, j’ai tellement d’objets d’ornementation que j’ai créé un autre personnage sur lequel j’entrepose tout (et j’envisage déjà de faire un autre personnage), il s’agit de cette humaine aux cheveux blonds. Donc, j’ai fait la tenue que je voulais faire depuis si longtemps, et j’en ai fait une autre version plus humaine : j’ai simplement changer le chapeau et le style en est totalement transformé. Pour jouer l’elfe, j’ai profité de ce blog pour passer une annonce, comme vous avez pu le voir, et c’est une des Groupigs, Eljoying, qui a répondu à l’appel et a accepté de jouer les poupées.

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Tout est parti de la robe de réputation de Fondcombe. Lorsqu’on la teint en vert ou en jaune par exemple, elle est totalement verte ou jaune. Mais, lorsqu’on l’a teint d’une couleur foncée (noir, gris ou, en l’occurrence, marron noyer), la robe prend deux couleurs et révèle ce bleu clair qui n’a, me semble-t-il, pas d’équivalent en teinture (à part, peut-être, le bleu de Belegaer qui est inaccessible pour le moment). Je trouvais le rendu bien plus beau et élégant. En cherchant ce qui pourrait aller avec, j’ai croisé une personne qui avait cette cape ; je l’avais oubliée et je suis allée voir ce que cela pouvait donner. Je n’ai pas été déçue ! Le bleu clair ressemble beaucoup à celui de la robe, et un petit marron noyer en plus, elle était parfaite. Que dire des épaulières ? En les découvrant, j’en suis tombée amoureuse et je vous conseille d’en avoir une paire disponible à tout moment. Pour ce qui est du couvre-chef, la capuche finalisait cet air elfique – discret et en déclin – tandis que le chapeau donne un air de femme élégante et aisée. Ajoutons à cela que je n’ai jamais vu ce chapeau sur aucune autre tête, je ne pouvais que l’aimer.


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Vendredi 29 Juillet.

Ce matin, je me suis vêtue de mon nouveau couvre-chef, une merveille que je ne regrette pas d’avoir acheté pour quelques pièces. Bien évidemment, mon mari a un peu ronchonné en le voyant – la nuit ne l’a hélas pas fait changer d’avis à ce propos – mais il ne m’a rien dit. Je me suis fait un véritable plaisir à lever la tête fièrement. Il s’agit d’une vile provocation, je l’entends bien, mais il me laisse si peu de liberté qu’il devait se douter qu’à un moment, j’allais lui en faire voir de toutes les couleurs. Je ne me suis pas arrangée pour me marier à un magistrat pour ne pas profiter un peu de la vie, tout de même ! De l’humilité, qu’il me dit, ah ! s’il avait vu cette peste d’Erellig qui fanfaronnait comme une Dame de partir vivre dans un domaine au Nord, il me jugerait comme la femme la plus simple de Bree. Soit ; étaler ma colère ne m’aidera pas. Je suis partie de bon matin, abandonnant mon incapable de mari, pour trouver un peu de réconfort dans la ville – et je dois l’avouer, je voulais montrer ma toilette à mes amies !

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En quittant ma maison, je n’avais pas de destination précise. Je commence donc à déambuler près des fours, sentant la merveilleuse odeur de pain chaud – mais je n’en prends pas, voyez vous, la gourmandise ne doit se faire qu’avec délicatesse, si l’on veut rester jeune et belle le plus longtemps possible, ce que n’a pas compris cette cruche d’Ysolt. J’ai croisé M. Petitbourgeon, déjà tout en sueur de si bon matin malgré son âge – cet homme n’a pas toujours eu de chance et j’admire son courage. Il me propose alors de boire un verre avec lui mais, à vrai dire, je lui ai sorti une excuse absolument minable afin de ne pas supporter sa forte odeur après un dur travail. Après le souper, j’essayerai d’aller le voir, avec un peu de rosée. Même s’il est rebutant par l’allure, il est très gentil et agréable. Cela me permettra de fuir la maisonnée également ; c’est décidé, j’irai.

En fait, je ne rencontre personne au début, et je m’ennuie un peu. D’autant plus qu’il y a des nuages qui cachent le soleil, il fait un peu frais et j’hésite à rentrer ou non. Bien sûr, l’idée ne m’effleure l’esprit qu’un court instant, cet idiot n’est pas encore parti et je ne veux toujours pas le voir. Je flâne un peu, je profite seulement de la ville qui commence à être animée. Je passe par la Promenade des Érudits, j’aime toujours autant cet endroit calme et beau – et propre !

2 sous ? Vous savez parler à une femme !
2 sous ? Vous savez parler à une femme !

Je finis par m’arrêter au marché. Quelle aubaine, il n’y a pas encore foule et les marchands ont encore des marchandises ! Je croise une connaissance – et elle jette un œil à mon chapeau, oh, je me suis sentie belle et j’en ai été ravie. Peut-être même qu’un homme aura l’audace de me le dire en face ? Un qui n’est pas aveugle sans ses immondes petites lunettes de magistrat – quoi que, même avec, mon mari ne m’a semble-t-il jamais vue, ou alors il aurait un peu plus de considération pour son épouse, que diable. Je l’admets ! J’ai craqué pour une adorable petite broche, mon cher confident, je vais devoir la cacher quelques jours le temps que la tempête de Monsieur se calme. 

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Je remonte ensuite le chemin vers le Poney Fringuant. Devant l’établissement, je rencontre un homme qui n’est visiblement pas d’ici. Comme il a l’air de s’ennuyer sur la place – et que moi aussi – je lui adresse le bonjour, et j’engage une conversation polie. J’apprends qu’il se nomme Aldanihr et est effectivement un voyageur, il a dormi dans l’auberge et reprendra la route après s’être restauré. Je l’invite naturellement à venir pour le thé – il parle bien et se montre courtois, ce sont des qualités rares en ce bas monde et cela me permettra peut-être de faire comprendre à mon mari ce qu’une femme attend d’un homme. 

J'achète ? J'achète pas ? J'achète ?
J’achète ? J’achète pas ? J’achète ?

Je passe par le magasin. Mon intention première est de montrer à mon cher ami comment ce nouveau couvre-chef que je lui avais acheté m’allait à merveille. Ah! je découvre des nouveautés, et, misère, peut-être n’aurais-je pas dû acheter la broche ? Je trouve une somptueuse robe, et son tissu est doux et, par les dieux, je suis bien sur le point de l’acheter. Par chance pour mon époux, je n’ai plus assez dans ma bourse. Il me faut soit attendre ma solde hebdomadaire, soit… oh, mon cher journal, je te le dirais volontiers, mais j’ai parfois peur que ton secret ne cesse, pardonne-moi. 

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Malheureuse, je quitte le magasin et m’en vais. Je reprends néanmoins mon sourire en voyant mon amie Lucie, qui s’empresse de venir à ma rencontre et de me complimenter pour ma toilette. Elle ne pouvait pas me faire plus plaisir ! Elle m’emmène aux jardins car elle a ouï dire que Tristan s’y rendait pour jouer un peu de musique. En effet, nous arrivons et une sublime mélodie nous accueille. Je danse et chante avec eux un long moment. Si seulement ce beau musicien avait été plus qu’un simple fermier… Oh, nous venons de toquer à la porte. Mon invité est arrivé. À plus tard, mon cher journal.


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Mon cher ami,

La pâle lumière du jour inonde la délicate Imladris. Beaucoup rêvent de sa beauté, d’autres s’en enivrent jusqu’à l’ivresse éternelle, et moi je n’y vois qu’une fosse où je me noie. J’entends ton soupir, peut-être même émets-tu un commentaire se rapprochant du grognement. Tu me reproches mes redondances et ma tendance ridicule à la mélancolie, n’est-ce pas ? Je souris, seule, en imaginant seulement ta réaction. Je pense alors que, je ne t’ai jamais dis à quel point je m’attendrissais de tes mots. Malgré tes remontrances, j’ai toujours su que cela trahissait ton affection pour moi, mon ami. Je te remercie de me l’avoir prouvée à maintes reprises.

Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s'écœure.
Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.

Je passe par les cascades – peut-être m’as-tu vue depuis ton balcon. Je m’y rends trop souvent, je le sais. Mais le bruit de la cascade sur les rochers m’apaise et réveille en moi cette vitalité qui se meurt peu à peu. Tu m’as souvent demandée pourquoi j’aimais ce son, et je ne t’ai jamais répondu. Tu ne m’en as jamais tenu rigueur. Aujourd’hui, il est temps que tu saches. Ce que tu considères comme un tonitruent duel entre l’eau et la roche me rappelle le fracas des armes d’antan. Malgré les siècles passés, il s’agit d’un souvenir qui ne s’évaporera jamais – et quand bien même, je ne veux jamais l’oublier. Tu es si jeune que tu ne comprendras certainement pas, mais il est impossible de sortir d’une guerre. 

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Vois-tu, je suis allée voir le Seigneur Elrond ce matin. Il n’a pas été surpris de ma visite, seulement triste. Mon cher ami, ne m’en veux pas ; je suis allée lui annoncer mon départ. Je ne suis pas allée te dire au revoir, et en lisant ces mots, ta colère est légitime. Mon cher ami, pardonne-moi, mais si je puis affronter une armée entière, je n’aurais pu soutenir ton regard déçu, ou accusateur, ou triste – tout cela à la fois ? Durant mon séjour à Imladris, tu fus celui que j’appréciais le plus, et j’aimais nos balades entre les rivières de fleurs et nos batailles entre les montagnes de neige. Je te remercie d’avoir allégé le poids oppressant de la tranquillité. 

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N'éprouve devant eux ni charme ni transports
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports

Mais mon âme est demeurée en de sombres lieux, vaillante et seule, et il est temps pour moi de la retrouver. Je quitte les miens pour de biens étranges raisons, penses-tu. Tu as toujours vécu ici, entouré de la beauté de la vallée, de ses rivières, de ses arbres aux couleurs de lumière, de ses fleurs si odorantes, de ses habitants si accueillants, et de sa musique envoûtante. À mon cœur, il ne s’agit que d’agréables illusions faites pour nous embrumer l’esprit et nous aider à supporter les âges. Je ne veux pas finir ainsi ; vivre une vie au goût si subtil jusqu’à ce que la lassitude nous pousse vers le large. Je veux partir et pleurer, chanter, souffrir, rire, combattre, aimer, mourir. 

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Les mots et les caressent ne peuvent plus me faire changer d’avis. Je suis partie, et je pense ne pas revenir. Je te remercie d’avoir été mon ami. Puisses-tu me faire don de ta grâce.

Melon le.


Tête : Capuche de voyageur, coffre à butin, en marron noyer pour l’elfe. Chapeau d’assaut pénétrant d’Eomer, tailleur Estemnet, en bleu océan pour l’humaine.
Dos : Cape de l’étoile d’argent, camp d’escarmouche, marron noyer.
Épaules : Protections d’épaules souples des Landes Farouches, tailleur Estemnet, marron noyer.
Torse : Robe d’elfe à manches courtes, réputation Fondcombe Sœur, marron noyer.


Je m’étais dis de faire plus court, étant donné que je présentais deux personnages avec deux tenues, mais comme vous pouvez le constater, je n’ai pas contrôlé mes mains.

Je remercie Eljoying pour sa participation ! D’ailleurs, pendant la séance photo, elle m’a offert un petit bonus… Vous savez tous qu’il ne vaut mieux pas tomber dans les rivières de Fondcombe au risque de nager pendant longtemps, évidemment. Mais c’est bien trop simple et banal, n’est-ce pas ? Il fallait qu’elle tombât dans une crevasse sous la rivière !

Heureusement qu’elle était accompagnée d’une chasseuse… Ah! Eljoying, la future assistantes hors-mapeuse de Yao.

Sincèrement vôtre, Delbenneth, Taill’Ithilien.

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11 réflexions au sujet de « Une tenue pour deux destinées. »

  1. Super Glué ! :p

    J’aime beaucoup le mélange cape/robe, les couleurs collent parfaitement ! Et tes textes… On y prend goût 🙂 Tu devrais venir aux Riches Heures lorsque Hiragil annoncera la prochaine date ! Tu as une très belle plume, tu fais aussi bien l’elfe (haha) sombre et mélancolique que la femme frivole et mesquine ! J’adore 🙂

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    1. Glué ?

      Merci pour le compliment ! Cela me touche d’être qualifiée de « belle plume ». J’aimerais aller aux Riches Heures, mais je ne sais pas comment avoir l’information ; j’ai hélas loupé celui sur Alqualondë alors que je l’attendais. Et puis, je ne sais pas comment je pourrais présenter quelque chose à l’oral ; l’écrit, c’est plus mon dada. Et oui, je m’adapte bien aux différents styles de personnages, même ceux que je n’aime pas.

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  2. Scotché, glué, collé, … à lire et à relire la prose, à admirer les tenues, même si j’aime moins le papo que la papuche XD
    J’en arrive à commencer à te pardonner ton Elfophobie, c’est dire !

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  3. « C’est bien la pire peine, De ne savoir pourquoi, Sans amour et sans haine,Mon coeur a tant de peine ! »
    J’aime beaucoup ce poème.
    La deuxième citation est de qui (« Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente, N’éprouve devant eux ni charme ni transports »)?

    On m’a récemment demandé si j’écrivais, pourquoi prendrais-je tant de peine alors que d’autre font ça si bien et beaucoup mieux? Les tenues sont superbement illustrées par les textes, ma préférence va pour celui de l’elfe.

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    1. Je ne suis pas une grande fan de la poésie, je dirais même que globalement, je n’aime pas – jusqu’au 19ème siècle, là on y trouve quelques merveilles, comme Verlaine. Il est certainement mon poète préféré. Le deuxième est Lamartine, « L’isolement », où l’on trouve le très célèbre vers « Un être vous manque et tout est dépeuplé ».

      Pourquoi ferais-je cela mieux que toi ? Chacun écrit différemment – certains disent que Voltaire c’est mieux que Diderot, mais Diderot est mon chouchou toute catégorie. Ce serait ennuyeux, si la littérature n’avait pas tant de diversité – et il y a toujours moyen d’innover, les mots sont malléables ! En tout cas, merci pour le compliment – diantre, suis-je la seule à préférer l’humaine :p ?

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