Au cœur de l’adversité.

Une ombre se dresse contre nous, et nous devons la combattre.


Je vous ai dit ne pas être à l’aise avec les armures lourdes. Pourtant, cela ne m’empêche pas d’en admirer, voire d’en faire un peu – de temps en temps, un petit défi cosmétique est plaisant. Bien entendu, si ce défi est donné par ma Krevy d’amour, je suis encore plus encline à l’accepter ! Cette tenue est plutôt ancienne (contrairement aux screens) ; à vrai dire, je la porte dans mon cœur du fait qu’il s’agisse de la première que j’aie faite pour quelqu’un d’autre. À ce moment, ni l’une ni l’autre n’avions accès à tout, que ce soit par contenu que par niveau. Ce contenu réduit a été un beau calvaire – rares sont les armures lourdes belles et accessibles à bas niveau. Ma tâche a été d’autant plus complexe que Krevtar ne voulait pas de couleur : du noir, c’était très bien. Ah! une ignominie à mes oreilles quand j’aime ressembler à un arc-en-ciel. Elle ne voulait pas non plus de casque : or, une armure sans casque, cela me paraissait inconcevable. Il m’a fallut du temps pour trouver exactement ce qu’elle cherchait ; mais j’ai été fière de moi et heureuse quand, finalement, elle m’a dit ok.

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Mon regard s’était naturellement tourné vers le camp d’escarmouche et l’artisanat. Je crois me souvenir que, la première pièce qui ait fait mouche, était les épaulières. Krevtar voulait des épaules imposantes – autre point qui me rebutait à ce moment-là ; aujourd’hui, elle m’a transmis ce goût et je bave devant les épaulières en fourrure sur les mannequins hommes que présente Prunaprismia. Je suis parvenue, à mon grand soulagement, à faire un mélange d’argent et de noir, au lieu du tout noir quémandé – je ne connaissais pas encore les armures d’Orthanc, en plus. Les bottes ont été parfaites dans ce rôle, et malgré leur accessibilité, elles n’en demeurent pas moins belles. Le plastron est également bien pensé, il a l’air solide mais n’encombre pas les mouvements, ce qui est idéal pour un champion. Ah! les gants ont été ma grande victoire personnelle, puisqu’il s’agit de bleu ! Ils viennent du ferronnier et, honnêtement, je les aime beaucoup : ils recouvrent tout l’avant-bras, ce qui donne un aspect guerrier-qui-bloque-les-attaques-juste-avec-son-bras-trop-badass. Les jambières m’ont posé beaucoup plus de problème, en vérité, je ne l’ai jamais résolu, c’est Krevtar qui les a trouvées et il m’était impossible de lui faire changer d’avis.


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Loin des tribulations d’une hobbite et d’une volaille volée, des voyages touristiques de deux frères dépareillés, des écrits plaintifs de femmes malheureuses, une histoire digne d’une épopée mais prosaïque au sein d’un climat d’adversité se déroule – sa fin, nous ne la connaissons pas encore, il est cependant aisé d’en soupçonner la fin tragique. Les combats, les pillages et les guerres se succédaient dans le Royaume du Gondor. Son histoire, tumultueuse, avait forgé ses habitants et lui avait octroyé une des plus puissantes armées. La guerre était art, et l’art la chantait. Sur la baie que quitta Amroth pour ne jamais y revenir, on y vit des hommes d’ailleurs. Leurs intentions étaient ternies par l’avarice et la cruauté. Ils commencèrent par attaquer les feux d’alarme, puis s’en prirent aux villages.

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Mais le prince et son armée ne pouvaient demeurer en leur pays, Minas Tirith les avait appelés : l’ennemi était à leurs portes. Face à tant d’hostilité, chaque homme, chaque épée et chaque bouclier étaient nécessaires. Ils firent donc appel aux mercenaires : parmi les premiers à répondre, se trouvait Krevtar. Nous pourrions lui imaginer un courage sans faille, une détermination et une bonté reluisantes, ou encore une histoire tragique, d’un homme à la vie trop dure ayant décidé de vouer son existence au bonheur des autres, mais il n’en était rien. L’argent l’avait attiré en ces lieux, et face au Prince Imrahil, il jura d’accomplir le contrat, et l’autre de lui jurer paiement pour son allégeance. Ainsi l’appât du gain amena Krevtar dans une cité de perdition d’où s’échappait une odeur de mort capiteuse.

L’ancienne Tour du Soleil était perpétuellement recouverte d’une vague de noirceur – elle provenait du Mordor, d’où une lumière rougeoyante n’avait rien de commun avec l’éclat du fruit de Laurelin. La blancheur de la Cité, autrement belle et pleine de magnificence, la trahissait alors et en faisait une cible lumineuse. Tous pouvaient le voir, et tous en savaient la signification. Bientôt, le noir du ciel plongera sur nous et nous avalera – il se disait cela, dans les rues agitées et pourtant funèbres. Chacun trompait ce savoir de différentes manières : les soldats se préparaient, vérifiaient leurs pièces d’armures et le fil tranchant de leur lame, s’entraînaient et affermissaient leurs bras seuls ou en compagnie, écoutaient ou donnaient des conseils techniques, entre artistes de la guerre. 

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Dans les tavernes du deuxième cercle, les soldats n’avaient qu’un seul sujet en bouche, et si quelques-uns parvenaient à détourner la conversation sur des choses plus joyeuses et douces, leur ton allègre était emprunté, et tous revenaient à cette terreur insidieuse qui les prenait. À la vérité, ces tavernes étaient idéales pour Krevtar : le babillage incessant des hommes, semblable au bourdonnement d’une ruche en effervescence, lui permettait d’en apprendre plus sur l’ennemi qu’il allait affronter – les orques et les corsaires lui étaient connus, mais il s’agissait là d’une véritable armée, organisée et prête à tout. La connaissance était également une arme, disait-il souvent, faisant rire ses compagnons mercenaires. Tel un élève studieux, il écoutait, demandait, corrigeait, débattait avec ceux qui avaient déjà affronté l’ennemi – il pensait encore, illusoirement, voire naïvement, que le Gondor allait vaincre, comme toujours. 

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Que voir, si ce n’est la mort ?

Pourtant, en portant son regard loin à l’Est, vers les terres noircies de guerriers du Pelennor, les ruines branlantes d’une ville qui fut, autrefois, si puissante, et les hautes montagnes surplombées d’une couronne de sang qui cachaient un mal plus grand encore, tout homme, aussi fourvoyé soit-il, ne pouvait voir autre chose qu’une funeste destinée. Le mercenaire aurait pu songer que, en se glissant dans les derniers convois de civils fuyant la guerre, personne ne le remarquerait, et le Prince Imrahil n’aurait pu lui en tenir rigueur, seulement lui tirer l’argent des mains – si tant est qu’il survécût. La nuée que Krevtar voyait était prête à semer son fiel sur Minas Tirith.

À mort !
Tenez bon !

Des cors retentirent, suivis d’un bruit semblable au tonnerre, la nuit les avala, l’ennemi s’avança. Il tiendrait, parce qu’il était gondorien. 


Tête : Chapeau de cérémonie des Temps anciens, camp d’escarmouche.
Épaules : Spallières de soldat elfe, ferronnier artisan, blanc.
Torse : Plastron de cérémonie du Fléau des Ombres, camp d’escarmouche, noir.
Gants : Gantelets de bataille vibrants de Calenard, ferronnier Ouestfolde, bleu marine.
Jambes : Jambières lourdes de fantassin vétéran, ferronnier expert, noir
Bottes : Bottes de cérémonie de l’Etoile du Nord, camp d’escarmouche, noir.


Cet article m’aura donné du fil à retordre, entre mon manque d’inspiration et mon manque de temps – mais j’espère qu’il saura vous plaire !

Sincèrement vôtre, Delbenneth, Taill’Ithilien.

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